Découvrir un sens à sa vie – Résumé du livre de Viktor Frankl

Entre le stimulus et la réponse il y a un espace.

Dans cet espace est notre pouvoir de choisir notre réponse.

Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté.

Viktor Frankl

Viktor Frankl, psychiatre rescapé des camps de concentration

Viktor Frankl est un psychiatre né en 1905 à Vienne.

Il a survécu à 3 ans d’enfermement dans les camps de concentration pendant la période Nazie.

Sans jamais savoir si sa femme et sa famille, enfermées dans d’autres camps de concentration, étaient encore en vie…

Il fut finalement le seul rescapé de sa famille…

” Comment peut-on dire oui à la vie, en dépit de tout ?

Comment, pour poser la question différemment, la vie peut-elle conserver son sens en dépit de tous ses aspects tragiques ?”

Cette expérience l’a amené à mettre au cœur de son travail la question d’un sens à notre existence. Il fonde ainsi la logothérapie, une psychothérapie centrée sur la recherche du sens dans notre existence.

Dans cet article, je vous partage les grands enseignements que l’on peut extraire du livre de Frankl. Plutôt que de paraphraser maladroitement l’auteur, j’ai préféré citer les passages les plus marquants en les rassemblant sous 3 grands piliers et en commentant l’enseignement de chaque passage.

  1. L’importance d’une vie intérieure riche
  2. L’importance de sa responsabilité et de ses choix de vie
  3. L’importance de trouver du sens.

1. L’importance de la vie intérieure

Il y a une part de hasard énorme dans la survie en camp de concentration. Viktor Frankl insiste sur la part psychologique liée au fait de ne pas avoir abandonné et ne pas s’être laissé mourir.

Pour Frankl, ce qui faisait la différence entre ceux qui se maintenaient en vie et les autres ne tenait pas dans la force physique ou mentale. Cela tenait avant tout dans le fait de maintenir une vie intérieure riche.

Privé de toute possibilité à l’extérieur, c’est à l’intérieur qu’il a dû puiser cette richesse pour survivre.

“Quand nous ne sommes plus en mesure de changer une situation, nous sommes mis au challenge de devoir nous changer nous-mêmes.”

Cela me fait penser à des patients qui ont été bloqués dans un contexte aversif sur lequel ils n’avaient pas de contrôle (comme subir des harcèlements répétés à l’école sans soutien des adultes).

Face à l’impossibilité de changer le contexte, la seule option pour survivre pour eux fut de se créer un univers alternatif à celui proposé par la réalité. Comme s’imaginer être le héros d’un manga.

L’imagination permet de s’extraire d’une réalité présente douloureuse.

Rêver reste la seule manière d’accéder à un espace où les besoins psychologiques les plus carencés par la réalité peuvent trouver satisfaction.

S’évader est une stratégie de survie nécessaire lorsque vous ne pouvez pas changer le contexte. Cependant, plusieurs de ces patients ont maintenu ces stratégies là alors que le contexte avait changé, ils n’étaient plus victimes de harcèlement à l’âge adulte et pouvait désormais façonner leur contexte social, mais restaient dans des stratégies d’évasion et d’évitement de la vie sociale.

Actualiser ses valeurs

« Malgré le caractère primitif incontournable de la vie concentrationnaire, le prisonnier pouvait y mener une vie spirituelle très riche. »

«  Je me rendais compte qu’un homme à qui il ne reste rien peut trouver le bonheur, même pour de brefs instants, dans la contemplation de sa bien-aimée.

Lorsqu’un homme est extrêmement affligé, lorsqu’il ne peut plus agir de manière positive, lorsque son seul mérite consiste peut-être à endurer ses souffrances avec dignité, il peut éprouver des sentiments de plénitude en contemplant l’image de sa bien-aimée.

J’étais toujours accroché à l’image de ma femme. Une idée me vint à l’esprit: était-elle toujours en vie? Je ne savais qu’une chose: l’amour va bien au-delà de l’être physique. Il atteint son sens le plus fort dans l’être spirituel. Que la personne soit présente ou non semble avoir peu d’importance. Je ne savais pas si ma femme était toujours en vie, et je n’avais aucun moyen de le savoir (nous ne pouvions ni envoyer ni recevoir de courrier); mais cela n’avait aucune importance. Je n’avais pas besoin de le savoir. Rien ne pouvait me détourner de mon amour, de mes pensées. »

J’ai été marqué par le passage précédent. Il m’a enseigné que le fait d’être aligné avec ses valeurs peut transcender la réalité présente et m’a permis de mieux faire la distinction entre besoin et valeur.

Un besoin nécessite un objet pour être satisfait, la valeur un alignement dans une direction donnée. Face à l’impossibilité d’être en présence de l’être aimé, il est parvenu à puiser dans la richesse des souvenirs, des pensées et de l’amour pour sa femme.

La vie mentale et la projection dans un futur

“Dans les camps de concentration nazis, les plus aptes à survivre étaient les prisonniers qui avaient un projet à réaliser après leur libération.”

“Soudain je me vis sur l’estrade d’une salle de conférence. Il y régnait une atmosphère chaude et agréable. Devant moi, des spectateurs attentifs étaient assis sur des sièges confortables et capitonnés. Je donnais une conférence sur la psychologie des prisonniers des camps de concentration ! Je décrivais, je revoyais, j’expliquais d’un point de vue scientifique et détaché tout ce qui m’avait opprimé à ce moment-là. Grâce à cette méthode, je parvins à m’élever au-dessus de la situation, au-dessus des souffrances du moment, et je les observai comme des choses du passé.”

Frankl s’imaginait régulièrement donnait des conférences sur son expérience de prisonnier.

Pour lui, cela semblait avoir plusieurs fonctions : prendre du recul sur son expérience avec un aspect plus mentalisé, prendre soin de sa valeur de transmission, et préserver l’espoir d’une sortie des camps en la vivant dans le présent.

J’ai pu observer que pour certains patients, s’accrocher à un avenir porteur d’espoir était parfois la seule possibilité de faire face à un présent douloureux et sans solution. Cependant, quand ces espoirs ont été démolis de manière répétée par la réalité, cela les a amené à développer une certaine impuissance acquise, qu’au fond rien ne changerait jamais.

L’appréciation de la beauté

Souvent, nous prenons conscience de la valeur d’une chose lorsqu’elle vient à disparaître.

Un philosophe disait que notre vie est remplie en grande partie par la banalité du quotidien, et que les évènements extraordinaires ne sont que minoritaires. Il était donc essentiel d’apprendre à pouvoir apprécier la beauté de ces moments anodins si nous souhaitions un bien-être durable. Sans quoi, notre bien-être risquerait d’être aussi rare que les évènements extraordinaires.

“Grâce à sa vie intérieure, le prisonnier pouvait se protéger du vide, de la désolation et de la pauvreté spirituelle de son existence. Lorsque le détenu s’abandonnait à sa vie intérieure, il éprouvait, entre autres, un sentiment de gratitude vis-à-vis de la beauté de la nature. C’est grâce à cela qu’il oubliait parfois sa misère. Si, lors de notre voyage d’Auschwitz à un camp bavarois, quelqu’un avait pu voir l’expression de nos visages à travers les barreaux de la fenêtre du wagon lorsque nous contemplions les montagnes de Salzbourg et leurs cimes rayonnant dans le coucher du soleil, il n’aurait jamais cru que les hommes qu’il voyait avaient perdu tout espoir de survivre et de retrouver leur liberté. En dépit, ou peut-être à cause de cela, nous étions transfigurés par la beauté de la nature, dont nous avions été privés si longtemps.”

L’art, l’humour et le lien social

“Était-il possible de se livrer à des manifestations artistiques dans un camp de concentration ? Cela dépend de ce qu’on entend par «art». De temps à autre, les prisonniers improvisaient une sorte de cabaret. On chantait des chansons, on récitait des poèmes, on se racontait des blagues ou on tenait des propos satiriques sur le camp. Ces cabarets connaissaient un tel succès que certains prisonniers, malgré leur fatigue et le fait qu’ils manquaient le repas du soir pour y assister, venaient y passer leurs soirées. Si le lecteur s’étonne de ce que l’on pouvait s’adonner à de telles activités dans un camp de concentration, il sera sans doute encore plus étonné d’apprendre qu’on pouvait y trouver des gens qui n’avaient pas complètement perdu le sens de l’humour. Même s’ils ne le manifestaient qu’assez rarement, cet humour était une arme défensive très efficace. On sait que l’humour aide à garder une certaine distance à l’égard des choses et qu’il permet de se montrer supérieur aux événements, ne fût-ce que pour quelques instants. Nous nous étions promis d’inventer au moins une histoire amusante par jour, dont le sujet devait être basé sur ce qui allait nous arriver après notre libération. Les autres prisonniers étaient parfois très drôles quand ils parlaient de l’avenir. Ils imaginaient, par exemple, que lorsque l’hôtesse leur servirait le potage, lors d’un dîner, ils se croiraient toujours au camp et la prieraient d’aller « bien au fond de la marmite ».”

2. La responsabilité et la liberté, le choix

En lien avec la vie intérieure, Frankl met au cœur de son approche la question de la liberté, de la responsabilité et des choix.                                                                                                         

“Dans un camp de concentration, tout concourt à enlever au prisonnier son autonomie. Tous les buts habituels de son existence lui sont ravis. Il ne lui reste que «la dernière des libertés humaines» – choisir l’attitude qu’il adopte dans les situations qu’il est obligé de vivre.”

“Ceux qui ont vécu dans les camps se souviennent de ces prisonniers qui allaient, de baraque en baraque, consoler leurs semblables, leur offrant les derniers morceaux de pain qui leur restaient. Même s’il s’agit de cas rares, ceux-ci nous apportent la preuve qu’on peut tout enlever à un homme excepté une chose, la dernière des libertés humaines: celle de décider de sa conduite, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve.”

Ce passage illustre très clairement comment les valeurs se distinguent des objectifs.

Les objectifs consistent à atteindre une destination. Alors que les valeurs s’intéressent à la manière, à l’attitude et à l’état d’esprit avec lesquels je poursuis mon chemin de vie.

Evidemment, les valeurs ne sont pas « mieux » que les objectifs, ce sont simplement deux questions différentes importantes à se poser.

  • Les objectifs nous posent la question de l’accomplissement et du sommet à atteindre :« Qu’est-ce-que je veux atteindre et accomplir dans ma vie ? »
  • Et les valeurs nous posent la question de la manière dont nous souhaitons parcourir le chemin : « Avec quelle état d’esprit, attitude et posture je veux vivre ma vie ? »

Frankl développe comment il met au cœur de la thérapie la notion de choix :

“En logothérapie, le thérapeute essaie de faire voir à son client quelles sont ses responsabilités. C’est à chacun de choisir ce dont il veut être responsable, envers quoi ou envers qui. Le logothérapeute est moins tenté que les thérapeutes traditionnels d’imposer ses valeurs à ses patients car il n’accepte jamais la responsabilité de faire des choix à leur place.”

“L’être humain n’est pas complètement conditionné ; il a le choix d’accepter les conditions qui l’entourent ou de s’y opposer. Toutes les prédictions sont fondées sur les conditions biologiques, psychologiques et sociologiques qui l’entourent. Une des principales caractéristiques de l’être humain est sa capacité de s’élever au-dessus de ces conditions.

 Autrement dit, il ne fait pas qu’exister, mais il façonne lui-même sa vie à chaque moment.”

Liberté et responsabilité

“La liberté n’est pas tout. Elle ne représente en fait que l’aspect négatif d’un phénomène global dont l’aspect positif est la responsabilité. En outre, elle risque de devenir arbitraire si elle n’est pas exercée avec responsabilité. La responsabilité et la liberté sont comme les deux faces d’une même médaille : aussi importantes l’une que l’autre.”

Frankl donne un exemple, une fois sorti des camps de concentration, il pouvait aborder les questions existentielles avec des criminels emprisonnés :

“Je leur déclarais qu’ils étaient des êtres humains comme moi, et qu’à ce titre ils avaient le droit de commettre des crimes et d’être coupables. Cependant, leur disais-je, il vous incombe de surmonter votre culpabilité en vous dépassant, en vous transformant pour le mieux. Ils se sentaient compris. J’ai reçu aussi une lettre d’un ex-prisonnier me disant qu’il avait mis sur pied un groupe de logothérapie pour ex-prisonniers.”

3. Trouver du sens

Le troisième pilier est la question du sens.

Frankl cite souvent Nietzsche :

«Celui qui a un “pourquoi” lui donne un but, peut vivre avec n’importe quel “comment” »

“L’objet et le défi de la logothérapie sont de faire d’une vie brisée un modèle de sens et de responsabilité. Elle vise à rendre le client conscient de ce qu’il désire vraiment dans la profondeur de son être. Certes, la recherche d’un sens à sa vie peut créer chez la personne une tension plutôt qu’un équilibre interne. Cette tension est toutefois indispensable à sa santé mentale. Rien au monde ne peut aider une personne à survivre aux pires conditions mieux que ne peut le faire sa raison de vivre. Nietzsche a raison quand il dit que celui qui a une raison de vivre peut endurer n’importe quelle épreuve, ou presque.”

“Personne ne peut communiquer ce sens à quelqu’un d’autre. Chaque individu doit trouver sa propre réponse et assumer la responsabilité de mettre cette réponse en application.”

Un sens à découvrir

Ce que j’aime dans la vision de Frankl c’est que le sens de la vie est une énigme personnelle à découvrir, un challenge singulier.

“Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était la vie qui nous questionnait – journellement et à toute heure. Nous devions répondre non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite. Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu’elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu’elle nous assigne.”

Prendre la responsabilité de trouver un sens

“La raison de vivre, en effet, varie en fonction des individus, de leur situation et de leur histoire. Ce n’est donc pas le sens global de la vie qui importe, mais bien celui que lui attribue une personne à un moment donné de sa vie. Inutile de chercher un sens abstrait à la vie. Chacun a pour mission de mener à bien une tâche concrète unique et, de ce fait, il ne peut être remplacé, de même que sa vie ne peut être renouvelée. Inutile de chercher un sens abstrait à la vie. Chacun a pour mission de mener à bien une tâche concrète unique et, de ce fait, il ne peut être remplacé, de même que sa vie ne peut être renouvelée. La vocation de chacun est donc unique, tout comme sa façon de la réaliser. Comme chaque situation représente un défi pour chaque personne, la question du sens de la vie peut en fait être posée à l’envers. En fin de compte, la personne ne devrait pas demander quelle est sa raison de vivre, mais bien reconnaître que c’est à elle que la question est posée. En un mot, chaque personne fait face à une question que lui pose l’existence et elle ne peut y répondre qu’en prenant sa propre vie en main. C’est pourquoi la logothérapie considère la responsabilité comme l’essence même de l’existence humaine.”

Un sens à la souffrance

« Pleurer atteste de ce qu’un homme fait preuve du plus grand des courages, celui de souffrir. »

“Qu’on me comprenne bien: loin de moi l’idée que la souffrance est nécessaire pour donner un sens à la vie. J’insiste seulement sur le fait qu’on peut trouver ce sens même à travers la souffrance, si celle-ci est inévitable.”

Lorsqu’un homme se rend compte que son destin est de souffrir, sa tâche devient alors d’assumer sa souffrance. Personne ne le soulagera de ses peines ou ne les endurera à sa place. Sa chance unique réside dans la façon dont il portera son fardeau.

La souffrance comme opportunité d’actualiser ses valeurs

L’idée de Frankl est que la souffrance et les plus grandes difficultés de vie nous donne une occasion de s’aligner comme jamais envers nos valeurs.

Quelques prisonniers eurent l’occasion de s’élever à la grandeur par le biais même de leurs souffrances et de la perspective de leur mort prochaine. Ils n’auraient pu, dans des circonstances ordinaires, atteindre ce sommet.

“Pour commencer, j’aimerais préciser que le logothérapeute s’intéresse d’abord au sens potentiel de chaque situation de la vie. En conséquence, je ne m’arrêterai pas ici au sens de la vie en général, bien que je ne nie pas qu’elle puisse en avoir un à long terme. Prenons par exemple un film: il est formé de milliers d’images individuelles, chacune d’elles chargée de signification; or, on ne comprend pas le sens du film tant qu’on n’en a pas vu la fin et avant d’avoir saisi le sens de chacune de ses composantes et de chaque image. N’en est-il pas ainsi dans la vie? Le sens final de la vie ne se révèle-t-il pas seulement à la fin, au seuil de la mort?”

Le vide existentiel

Une vie sans sens pour lui est la cause de beaucoup de difficultés psychologiques comme la dépression, l’addiction ou le fait de remplir notre vie par des objets extérieurs (recherche de pouvoir, d’argent…).

“Désormais, ni son instinct, ni la tradition ne dicte à l’homme sa conduite; il lui arrive même de ne pas savoir ce qu’il veut. Ou il cherche à imiter les autres (conformisme) ou il se plie à leurs désirs (totalitarisme).”

Optimisme tragique

Il s’intéresse à comment dire «oui à la vie» en dépit de tous ses aspects tragiques. Et cela nécessite pour lui d’avoir un “optimisme tragique”. C’est à dire, de rester optimisme en dépit de la triade existentielle tragique : la souffrance, la culpabilité et la mort.

Chercher à être heureux ?

Frankl fait la distinction entre chercher à être heureux et chercher une raison d’être heureux.

Etre heureux est une propriété émergente, on n’agit pas dessus directement.

C’est comme le sommeil, plus on cherche à dormir, plus on s’agite et plus cela retarde le sommeil. La seule possibilité est d’instaurer un contexte calme pour créer des conditions favorables à l’endormissement.

“Une personne en fait trop, précisément quand il n’y a rien de particulier à faire.”

Steve Hayes

La valeur d’un individu

“Malheureusement, l’utilité d’une personne est habituellement définie en regard de sa contribution à la société. La société moderne est davantage axée sur l’accomplissement et, en conséquence, chérit les individus prospères et heureux, et en particulier les jeunes. En fait, elle ne tient pas compte de la valeur des autres, ne faisant pas la différence entre la valeur d’une personne en fonction de sa dignité et sa valeur en fonction de son utilité.”

La maladie mentale

Pour Frankl, l’impossibilité à trouver du sens à prendre la responsabilité de sa vie sont des causes importantes de souffrance.

“La personne qui cherche un sens à sa vie n’est pas malade. La personne qui est à la recherche d’une raison de vivre, ou en proie au désespoir parce qu’elle ne la trouve pas, souffre de détresse existentielle mais certainement pas d’une maladie mentale.”

Aborder le suicide

Il questionne ses patients pour repérer les raisons qui les rattachent à la vie en dépit de la souffrance. Chez l’un, c’est l’amour de son enfant qui l’attache à la vie; chez l’autre, c’est un don, un talent à utiliser.

Voici un passage sur comment il aborde l’envie suicidaire d’un patient :

“Je lui dis tout d’abord que mes patients m’ont maintes fois avoué combien ils étaient heureux que leur tentative de suicide ait échoué: des semaines, des mois, des années plus tard, m’ont-ils affirmé, ils ont découvert une solution réelle à leurs problèmes, une réponse à leur question, un sens à leur vie. J’ajoute ensuite: «Même si la situation ne prend une tournure positive que dans un cas sur mille, comment pouvez-vous être sûr qu’il n’en sera pas de même pour vous? Vous devez vivre pour voir ce qu’il en est et, à partir de maintenant, vous êtes responsable de votre survie.”

Vieillissement et sens de la vie

Les situations de vie sont pour lui, comme des potentiels à réaliser, à tout jamais sauvegarder dans le passé.

“On ne doit pas prendre en pitié les gens âgés, mais les envier plutôt. S’ils n’ont plus d’avenir, les vieux possèdent bien plus que cela. Au lieu de possibilités futures, ils possèdent des réalités passées, des potentialités qu’ils ont actualisées, des significations qu’ils ont découvertes, des valeurs qu’ils ont réalisées, et rien ni personne ne peut les déposséder de ces trésors.”

“Je ne me lasse jamais de répéter que les seuls aspects réellement transitoires de la vie sont les aspects potentiels qui, dès qu’ils sont actualisés, deviennent aussitôt réalité et sont préservés dans le passé où ils perdent leur caractère passager. Car, dans le passé, tout est conservé à jamais. En général, l’être humain ne se rappelle que le caractère éphémère de la vie au détriment de la richesse d’un passé qui conserve pour toujours ses actions, ses joies et ses souffrances. On ne peut pas revenir en arrière, ni abolir ses actions passées. Je dirais qu’«avoir été» est la forme la plus sûre d’être. Que lui importe de vieillir? Pourquoi regretter sa jeunesse et envier les jeunes? Pour les possibilités que leur réserve l’avenir? Non point. Elle est pleinement consciente de la richesse de son passé, qui contient non seulement la réalité du travail accompli et de ses amours vécues, mais aussi de ses souffrances bravement affrontées.”

Les points clefs

  • Dans le pire des contextes, on reste libre de notre conduite.
  • C’est la vie intérieure qui aide à la survit quand la vie extérieure est limitée/privée de tout ses possibles.
  • Construire une dimension symbolique, imaginaire et spirituel lorsque le présent est pauvre ou terrible.
  • L’appréciation des petits plaisirs reste possible dans un contexte de privation totale.
  • La manière d’être connecté à nos valeurs transcende la réalité et ne dépend plus d’elle (ex : se connecter à l’amour de sa femme ne dépend pas de sa présence).
  • On peut être en survie et trouver du sens tout de même.
  • L’importance du relationnel pour survivre psychologiquement mais aussi physiquement (avoir plus de nourriture, être protégé par d’autres prisonniers etc…).

En espérant vous avoir donner envie de découvrir cet auteur et de rendre central la question du sens, comme le font la psychologie existentielle, la thérapie d’acceptation et d’engagement et la psychologie positive.

Ce qu'il y a de fabuleux avec la connaissance, l'amour et le bonheur, c'est qu'ils sont décuplés lorsqu'on les partage.

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