La liberté émerge de notre rapport à la contrainte

Un individu libre internalise une contrainte extérieure pertinente, pour en faire une motivation interne, connecté à ses valeurs et qui a du sens.

Une personne qui prend sans cesse la direction opposée à l’autorité est esclave de son besoin de se montrer libre auprès d’elle et des autres. Elle s’empresse de réaffirmer une illusion de liberté en allant systématiquement dans le sens opposé. Elle ne fait donc que réagir à une boussole externe, sans prendre le temps d’écouter sa propre boussole intérieure ou sa raison pour la guider.

La personne libre a évolué d’une posture de soumission infantile face à une autorité (« il faut se soumettre aux règles »), à celle d’un individu libre guidé par ses propres principes et valeurs (« je le fais pour prendre soin des autres, des soignants et des personnes fragiles en tâchant de limiter l’engorgement des lieux de soin »). Elle est capable de se priver par elle-même pour mieux s’enrichir (être connectée à ses valeurs et à sa contribution au monde).

Lorsque l’injonction externe n’est pas pertinente, un individu en quête de liberté peut se donner l’approbation par lui-même de ne pas la suivre, s’il est prêt à en accepter les conséquences. Cultiver la bienveillance envers lui-même lorsqu’il n’arrive pas à s’affirmer autant qu’il l’aimerait permettra d’éviter d’encourager un autre type de tyrannie, celle qui se loge à l’intérieur de soi. Entretenir cette amitié avec soi permet également de faire équipe avec soi-même pour rendre plus acceptable le coût psychologique de la liberté (le risque réel ou imaginaire du jugement, de la désapprobation, de la culpabilité…)

Accepter ses émotions inconfortables permet de lâcher ce qui vient d’être perdu, et qui était précieux ou sécurisant. Sans rajouter de l’huile sur le feu émotionnel, mais sans non plus s’empresser de les éviter, afin de prendre mesure de la valeur de ce qui vient d’être perdu.

La contrainte limite certains de nos comportements, mais nous restons pleinement libres car toujours autant en choix de s’autodéterminer : « qu’est-ce que je fais de cette contrainte ». La contrainte invite à la créativité car nous devons envisager d’autres stratégies pour satisfaire nos besoins psychologiques. Les anciennes étaient adaptées à un contexte qui n’est plus, nous devons les lâcher et mettre notre énergie à la découverte des nouvelles.

L’initiative qui est à l’intersection de mes compétences et de mes valeurs a été de créer une page qui recense les initiatives solidaires et altruistes dans cette période pour mieux les cultiver, car parfois sous-médiatisé par rapport aux comportements problématiques et égoïstes : https://www.facebook.com/Coop%C3%A9ration-et-Solidarit%C3%A9-Coronavirus-104679954501271/

Pour d’autres, c’est d’apprendre une nouvelle compétence ou recette de cuisine, coudre des masques pour des soignants, faire des courses pour un voisin en difficulté, ou appeler un parent éloigné…

Et vous, que souhaitez-vous faire de la contrainte ?

2 commentaires sur “La liberté émerge de notre rapport à la contrainte

  1. Je ne découvre que maintenant ce joli post.
    Et ce partage 🙂

    Désormais c’est aussi réapprendre. Se réaproprier un espace qui a été rendu à la nature. Et réapprendre à vivre à l’air libre dans un espace de libertés restreintes.
    Ou certains joueront la force du collectif quand pour d’autres, le prochain devient déjà une source de danger à fuir ou stigmatiser….

    Merci pour ces partages et réflexions

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