L’impact d’une vie sociale épanouissante sur la longévité

Dans cette conférence TED, Susan Pinker nous explique en quoi une vie sociale épanouissante est un facteur majeur de longévité et de santé physique.

La Zone Bleue correspond aux zones géographiques dans lesquelles les gens ont l’espérance de vie la plus élevée : elles présentent de nombreux centenaires, des affections médicales moins fréquentes et un nombre supérieur d’années en bonne santé. Dan Buettner identifie 4 régions géographiques :

  • La Sardaigne en Italie, notamment un village appelé Seulo
  • Icaria, île grecque
  • Okinawa, île japonaise.
  • La péninsule de Nicoya, au Costa Rica

A partir de ces données, les auteurs ont tâché de comprendre les causes de cette longévité exceptionnelle. Susan Pinker nous dit que 75% de leur bonne santé est expliqué par le style et les habitudes de vie. Selon ces auteurs, il y aurait le régime alimentaire, les comportements de santé (consommation d’alcool ou de cigarettes) et la vie sociale (engagement social, familial…).

Vie sociale et longévité

Julian Hold Hunstad est une chercheuse qui s’intéresse particulièrement au lien entre la vie sociale et la longévité ! Pour cela, elle a fait une synthèse de 148 études scientifiques regroupant plus de 300 000 participants sur ce sujet !

Elle s’aperçoit qu’une vie sociale riche et fréquente augmente en moyenne de 50% les chances de survie, cela peut aller jusqu’à plus de 60% pour certains indicateurs de vie sociale comme le soutien social ou l’intégration sociale !

  • Le soutien social : le fait d’avoir des personnes proches sur qui on peut compter régulièrement.
  • L’intégration sociale : le fait d’avoir des interactions sociales fréquentes au cours d’une journée. Exemple : parler au boulanger, au postier, à ses voisins, voir des amis…

En comparant ses résultats à d’autres grandes études de santé, elle s’aperçoit que le fait d’avoir une vie sociale épanouissante est le facteur qui prédit le mieux la longévité, et encore mieux que le fait de pratiquer du sport, de ne pas fumer ou de ne pas boire d’alcool !

Le tableau ci-dessous classe les facteurs associés à la longévité par ordre croissant d’importance (Julian Hold Hunstad, 2010) :

Mécanismes d’action

Les interactions sociales en face à face produisent des neurotransmetteurs ayant pour effet d’augmenter la confiance, de diminuer le stress, la douleur et d’induire du plaisir. Les contacts sociaux augmentent principalement la production de l’ocytocine (hormone de l’attachement et du lien social) et de la dopamine (neurotransmetteur de la récompense et du plaisir).

Le contact physique (touché, câlin, tendresse, massage, rapport sexuel) permet d’augmenter facilement ces neurotransmetteurs. Julian Hold Hunstad a montré dans une autre étude que proposer à des couples d’avoir plus souvent des contacts physiques agréables (comme des massages et de la tendresse physique) permet d’augmenter la production ocytocine et de diminuer le stress physique. Prendre un ami dans ses bras est parfois plus efficace que de longues phrases pour le réconforter.

Le fait de regarder une personnes proche dans les yeux de manière prolongée permet de faire grimper votre niveau d’ocytocine, et même si cela génère un inconfort, les fous rires sont fréquents.

Cultiver une vie sociale épanouissante

Voici quelques pistes pratiques pour entretenir ce sentiment protecteur de bien-être social :

  • Entretenir nos relations : faire plus souvent d’activités sociales ou familiales agréables (jeu de société, marches à pied, évènements familiaux ou festifs, repas avec des amis…), être actif dans ses relations, solliciter nos amis, organiser des sorties.
  • Rechercher et apporter du soutien social : autorisons nous à obtenir du soutien de la part de nos amis plutôt que de nous isoler quand ça va mal. Et soyons vigilons aux difficultés que nous amis traversent.
  • Etre vraiment présent à la relation : nous pouvons être préoccupés par des soucis ou bien plus attentif à notre ordinateur ou  à notre téléphone. Il est important d’être pleinement disponible au moment présent et de mobiliser tous nos sens pour savourer cette relation (regarder, toucher l’autre…).
  • Etre tactile : dans le respect de soi et de l’autre, être plus tactile permet d’augmenter le sentiment de bien-être et de confiance. Plus de câlins et de massages !
  • Développer de nouvelles relations sociales : s’inscrire dans des activités sociales agréables (sports collectifs, théâtre, associations, bénévolat) !
  • Cultiver la gratitude et la reconnaissance : notre cerveau a souvent tendance à s’arrêter sur les problèmes et les conflits, il a plus de mal à voir ce qui va bien ! Apprenons à porter notre attention sur ce qui va bien dans nos relations, sur les petits détails agréables. Exprimer à nos proches notre reconnaissance et notre gratitude augmente considérablement leur niveau de bien-être et le nôtre, c’est une émotion qui rapproche !

 

Sources :

Holt-Lunstad, J., Birmingham, W. A., & Light, K. C. (2008). Influence of a “warm touch” support enhancement intervention among married couples on ambulatory blood pressure, oxytocin, alpha amylase, and cortisol. Psychosomatic medicine70(9), 976-985.

Holt-Lunstad, J., Smith, T. B., & Layton, J. B. (2010). Social relationships and mortality risk: a meta-analytic review. PLoS medicine7(7), e1000316.

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